persepolis

Week-end…
J’ai quasiment fini le dossier pour la Fondation Beaumarchais. Une vingtaine de pages en tout pour qu’ils aient envie de donner sa chance à « Illusions Tragiques »… Une vingtaine de pages, entre les extraits de texte et les notes, c’est court. Mais, au milieu de tout ce que j’ai à faire en ce moment, c’est un maximum, si je ne veux pas mettre en péril tout le reste.
Péril… oui, péril ! A force de devoir gérer trente et une choses en même temps, c’est « Atsumori » qui en a pris un coup. J’ai laissé filé l’actrice qui aurait pu remplacer Adrien. Rappelée par le Théâtre du Soleil, un jour avant ma confirmation. J’ai laissé traîner… et clouch ! Le couperet est tombé. Je vais donc devoir assurer le rôle moi-même. Du coup, il me faut vite trouver une assistante. We will see…
Et en attendant de voir, je continue à avancer sur le reste.
Nous avons trouvé 3000 euros de plus pour « Atsumori » et le Théâtre Nô d’Aix en Provence. Et c’est Ouvaton qui entre dans la danse de la coproduction en nous offrant cette coquette somme. Voilà qui, loin d’être suffisant, me permettra sûrement de dormir un peu mieux ces prochaines semaines.
Le travail sur Dubillard pour le spectacle de fin d’année avance bien. Et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Mathieu et Jeanne (élèves de la première heure…) aujourd’hui pour une journée dédiée au cabaret. Du Dubillard version cabaret ?! Et oui, pour les besoins de la partie d’Elise (la chorégraphe et prof du danse du studio qui m’a gentiment ouvert son spectacle cette année pour que mes élèves puissent tout de même présenter quelque chose) qui travaille cette année sur « l’Opéra de Quat’sous ». Et voilà Jeanne et Mathieu chantant et dansant comme dans les comédies musicales des années 20 sur les textes de Dubillard. Et bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais ça fonctionne très bien ! Et je découvre une Jeanne grandie, capable de plonger dans l’improvisation chantée comme le ferait un acteur confirmé. Un vrai régal…
Et ce titre… »Persépolis », qu’a-t-il avoir là-dedans, me direz-vous ?
C’est que, pour clore cette journée, c’est le petit cadeau que je me suis octroyé. Et j’avoue que j’ai été vraiment séduit. Comme souvent par le cinéma d’animation qui porte avec tant de souffle et de jeunesse, une inspiration décalée et poétique. Et à ce titres là, « Persépolis » est une vraie réussite. Vraiment.

Georges Appaix…

Me voilà sorti du dernier spectacle de Georges Appaix…
Quelques images intéressantes, de jeunes danseurs prometteurs et investis, de la gaieté…
Si cela avait pu finir comme ça, j’aurais passé un moment pas très enthousiasmant, mais plutôt réconciliateur avec ce monsieur de la danse. Mais non ! Il a fallu qu’il rajoute des mots. Des mots pour tenter de nous faire comprendre. Comprendre que nous, hommes de théâtre, hommes du spectacle vivant, nous sommes là , égarés, contents d’être sur scène parce que finalement : « on y est pas si mal ! On perd la conscience… » Et je ne vous imposerai pas le reste tellement c’est laid et irrespectueux pour ceux qui travaillent autour à redonner au monde un semblant de responsabilité et d’honneur. Mr Georges, dansez, si cela vous chante, mais s’il vous plaît, ayez un peu de respect pour ceux qui meurent chaque jour à la tâche de rendre ce monde un peu autre, un peu meilleur. La scène n’est pas un espace où l’on va parce qu’on est bien et que ma foi, on s’y trouve… Non, la scène est un espace sacré, privilégié. Réservé à si peu d’entres nous que ça nous donne une responsabilité. C’est l’espace où l’on peut mettre en forme les questions, les cauchemars, les rêves. Où l’on peut retrouver la sauvagerie de l’acte, de la naissance. Où l’on a encore le choix de mettre au monde ces créatures que tout le monde porte mais ne peut laisser vivre. C’est le toit du monde. Un des derniers !
Comment allons-nous faire si ceux qui sont dessus nous le brade à la sauce TF1 ? Comment allons-nous faire si vous, les programmateurs, les officiels, les décideurs continuez à défendre cette culture de l’immédiat, de la facilité, de la jouissance perpétuelle ? Comment voulez-vous alors qu’ils nous prennent au sérieux, ceux qui dehors meurent de faim, de soif, d’incompréhension, de conditions de travail trop dures, si vous leur crachez à la figure, en faisant comme si tout ça n’était rien ?
Georges, reprenez votre sac à dos et partez en voyage… Laissez la danse un moment. Retrouvez la faim et la soif. Asseyez-vous et écoutez le chant du monde. Et respirez l’immense responsabilité qui vous incombe. Vous avez des armes, vous avez du talent, vous avez de la vie et des rêves, cela se sent. Alors, s’il vous plaît, ne vous abandonnez pas… ne vous abandonnez plus !

Blood Diamond

A se battre pour un monde que l’on ne comprend pas et qui ne supporte pas qu’on se batte pour lui… pourquoi ?
Pourquoi, pourquoi ces enfants avec des fusils et ces hommes capables de tuer l’autre comme on joue avec la gâchette d’un interrupteur : on-off, on-off, on-off ?
Pourquoi, pourquoi les images que je vois, qui me traversent n’arrivent plus à me toucher tellement ce mal est « banal » ?
Et où sont-ils ces méchants qu’on nous dépeint et qu’on ne voit jamais ?
Juste là… à côté de toi. En toi, en moi. A la première seconde où nous perdons la conscience de nos actes et de ce qu’ils engendrent… à la première seconde où nous perdons la conscience de notre responsabilité ! A chacun. La responsabilité du monde !
Comment à l’heure actuelle, pouvons-nous pousser encore plus loin ce mépris de nous-même, cette fuite en avant?! Dans la consommation, dans cette soif jouissance perpétuelle qu’on voudrait sans que cela ne coûte rien. Cela coûte ! Le moindre geste, le moindre souffle engendre quelque chose. Arrêtons de nous leurrer, de faire comme si tout cela n’était pas grave. Ca l’est. Sinistrement, ça l’est ! Approchez vos enfants par derrière et éteignez cette télé qui leur lacère le coeur et le cerveau et apprenez-leur à mesurer chaque geste qu’ils posent. Pour qu’enfin reviennent un jour les adultes dont cette terre manque si cruellement.
Et vous gens de théâtre. Comment pouvez-vous vous être perdu si loin que vous soyez les premiers à vouloir votre part à ça ! Assumez la misère de devoir vous battre pour la justesse d’un mot. Et bénissez la ! C’est notre plus grande force ! Pour montrer à tous qu’un mot peut changer la face du monde ! Il est temps…
Nous sommes tous responsables de ce que nous faisons de notre monde, de notre vie.

S’il vous plaît, ne souriez pas. Pendant un instant, ne souriez pas… mais assumez ! Sans que cela ne vous empêche de faire de votre vie une fête. Mais une fête de la vie, singulière, une fête de chaque instant.
S’il vous plaît…

RAS

Ce soir R.A.S… faire joujou avec son iphone. Gérer maladroitement
et très en retard le repas qu'on ne devait pas gérer. Se dire qu'on
aurait dû bosser, mais ne pas l'avoir fait et ressentir ce petit
poids sur l'estomac en raison de ma journée "technicien" qui arrive
et que j'appréhende par trop peu de pratique en ce moment.
Voilà. Voilà.

Ouf ! C’est vendredi soir… le week-end ?

Nez collé à l’ordi depuis 9 h 00 ce matin…
Recopier, recopier, recopier. Voilà les 40 pages de cahier devenues 16 maigres pages dactylographiées… Enfin ! c’est fini. Je veux dire cette partie là… Parce qu’il me faut pour la semaine prochaine faire une note d’intentions, un résumé, une description des personnages + la mise en page globale du tout + une notice explicative sur les écrits. Et ça, à côté de ce que j’ai à faire au niveau de la partition chantée d’Atsumori, à côté de l’adaptation du livre 9 du Dit des Heiké (j’en suis à 25 pages, il m’en reste autant…. Quand on sait que pour les 25 premières, j’ai mis une semaine pleine… Ca promet !), à côté des deux journées où je vais faire l’électro sur l’installation du Babel Med, à côté du texte pour le spectacle de mon groupe d’enfants que j’ai à écrire, à côté des coups de fil, à côté, à côté.
Mais bon… la journée a été bonne. J’ai bien avancé. Et je vais m’octroyer une soirée de farniente. Peut-être une petite séance de cinéma ou alors le visionnage d’ « Histoire d’Herbes Flottantes » que j’ai dû recevoir aujourd’hui par courrier.
Demain, répétitions sur les Diablogues de R. Dubillard en danse-théâtre avec Jeanne et Mathieu, deux de mes meilleurs élèves. Youpi ! Une belle journée en perspective. Je vous raconterai ça…
Ah oui ! Au fait… devinez ce qu’il s’est passé aujourd’hui ? Je vous le donne en mille. Une dame m’a appelé sur mon portable pour réserver une place pour « Atsumori » au Château de la Tour d’Aigues. J’ai fait celui qui n’était pas au courant que la date semblait tombée à l’eau et je lui ai donné le numéro de Jean Blanc. La pauvre, elle avait peur qu’il n’y ait plus de places. Je lui ai quand même dit que je pensais que la billetterie n’était pas encore ouverte pour la rassurer. Elle fera peut-être penchée la balance en notre faveur… c’est l’histoire du papillon.
Allez… Bonne soirée à tous.